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Pourquoi et comment rendre les bâtiments de la Supply Chain plus durables ?

Article publié le 22 mars 2022 par Marc ESPOSITO, Directeur Innovation de GSE

Le bâtiment logistique, un bâtiment performant par essence…. mais une image à redorer

Les bâtiments logistiques n’ont pas bonne presse. Vus comme de vulgaires « boîtes à chaussures » qui consomment beaucoup de foncier, dénaturent le paysage et génèrent un nouveau Traffic de poids lourds, ce n’est pas étonnant.  Et pourtant, l’évolution des modes de consommation et la récente pandémie ont montré à quel point ils sont devenus nécessaires à notre mode de vie.

En réalité, les bâtiments logistiques sont intrinsèquement parmi les meilleurs bâtiments en terme énergétique et environnemental. La raison principale en est leur taille et leur volume…. ou plus exactement leur compacité (ratio entre leur surface de parois extérieures et leur volume). La compacité d’un bâtiment logistique est traditionnellement 2 à 4 fois meilleure que les logements ou autres bâtiments tertiaires. La conséquence est triplement vertueuse : moins de déperditions thermiques, moins de produits de construction mis en œuvre et donc une surface construite moins carbonée (et moins chère) au m². De plus, l’essentiel de la surface étant réservée au stockage de produits « non périssables », le besoin de chauffage ou d’éclairage est généralement faible. Les bâtiments logistiques sont donc naturellement les bâtiments les moins consommateurs d’énergie du parc immobilier français, comme le montrent (Observatoire de l’immobilier durable)

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Source : Baromètre 2021 de la performance énergétique environnementale des bâtiments

Les bâtiments logistiques, exemplaires en termes de certifications environnementales.

Depuis le début des années 2010, les bâtiments de la Supply Chain font d’immenses efforts pour se montrer de plus en plus vertueux sur le plan environnemental et ont rapidement opté pour des certifications environnementales auditées par des tiers indépendants.

On peut en particuliers citer le référentiel « Plateforme logistique » de la certification NF HQE qui a été mis en place dès 2009 et qui a rapidement aspiré l’ensemble des constructions logistiques neuves. Aujourd’hui, plus de 80% des surfaces logistiques neuves construites obtiennent l’une des principales certifications environnementales du bâtiment (HQE, BREEAM, LEED) et le niveau de ces certifications ne cesse de s’améliorer, comme le prouve par exemple les premières plateformes logistiques BREEAM Outstanding ou LEED Platinum qui voient le jour depuis 2020 en Europe, soit le plus haut niveau possible de ces certifications.

La tendance est désormais à la double certification avec des bâtiments logistiques qui cumulent une (ou plusieurs) certifications avec des labels environnementaux plus spécifiques. On peut citer les premières plateformes logistiques BEPOS Effinergie 2017 (bâtiment à énergie positive du référentiel E+C-) ou le label Biodivercity qui vient désormais compléter une certification BREEAM ou HQE pour valoriser l’aspect écologique du site.

Toutes ces certifications et labels environnementaux donnent un cadre objectif pour construire des bâtiments qui vont au-delà des réglementations environnementales.

De nouveaux enjeux environnementaux

Mais devant les nouveaux enjeux environnementaux qui se jouent, certaines certifications ne suffisent plus. En effet, la lutte contre le réchauffement climatique ou l’extinction de masse des espèces ne peut plus attendre, même lorsque les indicateurs de mesures ou les normes ne sont pas encore très clairs. C’est pourquoi la filière logistique vient, à travers les membres de l’association AFILOG, de prendre des engagements très forts dans sa CHARTE D’ENGAGEMENT […] POUR LA PERFORMANCE ENVIRONNEMENTALE ET ECONOMIQUE DE L’IMMOBILIER LOGISTIQUE FRANCAIS, signée en Juillet 2021.

Cette charte propose désormais des engagements d’actions très concrètes pour réduire le carbone et favoriser la biodiversité sur les nouveaux bâtiments logistiques. Parmi les mesures les plus emblématiques, on trouve la couverture totale des toitures par des centrales photovoltaïques, la mise en place d’un référentiel de calcul carbone des bâtiments logistiques en vue d’atteindre la neutralité dès 2040 ou la mise en place de haies champêtres pour favoriser la biodiversité sur au moins la moitié de la périphérie des sites logistiques.

Cette charte, à mon sens, démontre la volonté d’agir concrètement, efficacement, et sortir du greenwashing qui peut parfois être reproché à certaines certifications. Les actions y sont concrètes (donc facile à appliquer) et ont été choisies avec des experts environnementaux pour être les plus efficaces possible. Evidemment elles ont un impact financier significatif… qui doit être accepté par les investisseurs.

Un potentiel d’innovation fort sur l’innovation environnementale

Les deux plus grands enjeux environnementaux du siècle sont probablement la lutte contre le réchauffement climatique et la perte des habitats pour la faune et la flore.

Alors certes, la solution de ne plus construire est sans doute la meilleure pour l’environnement…. Probablement pas pour l’Homme ! Finalement, plutôt que voir les bâtiments logistiques comme un problème environnemental, pourquoi ne pas les voir comme une opportunité ?

Tout d’abord l’opportunité de réutiliser de grandes friches industrielles et leur redonner un sens, notamment à proximité des grandes villes où la place pour la logistique du dernier km manque cruellement. Ensuite, une opportunité de mettre à disposition de très grandes surfaces pour la production d’énergie renouvelable. Les bâtiments logistiques représentent sans aucun doute les plus grandes surfaces de toitures et désormais, les propriétaires les rendent compatibles avec la mise en place de photovoltaïque. A noter qu’il y a aussi de grands parking VL et PL sur ces sites, exploitables également sur les sites existants. Enfin, les réglementations ICPE nécessitent des limites de propriété éloignées des bâtiments. Plutôt que d’y voir la consommation de foncier accrue, voyons-y une opportunité pour traiter et favoriser la biodiversité sur les espaces verts. Il n’est pas rare que 30 % de la surface d’un site logistique soit composée d’espaces verts… potentiels refuges pour la faune et la flore locale.

Enfin, les sites logistiques sont le lieu de passage obligatoire de nombreux poids lourds… et justement, après le secteur de la construction, c’est bien le transport qui génère le plus de carbone. Comment ne pas voir alors l’opportunité de marier la production d’énergie renouvelable des sites logistiques avec la décarbonation du transport ? Production et recharge électrique des véhicules dans un premier temps, puis production et recharge d’hydrogène vert pour les futurs poids lourds qui verront le jour au cours de cette décennie : autant d’opportunités de rendre la Supply Chain plus verte et donc plus acceptable pour une population qui l’a, par ses modes de consommation, déjà rendue incontournable.

 


 

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